L'installation Satellite Cities construit des cartes interactives dysfonctionnelles

Natasha Felizi 18 février

Satellite Cities est une installation interactive de l’artiste péruvienne Franchy Nicole qui interroge les rapports entre les grands centres urbains, les individus qui les peuplent et les cartes qui le représentent. Dans cette installation, Nicole a choisi de modéliser le delta de la rivière des Perles, pour évoquer les conséquences d’une l’urbanisation galopante et non maîtrisée. Un problème qui touche particulièrement cette région de Chine qui comprend 1500 km de routes pour connecter trois villes et cinq aéroports.

Le son, la vidéo et les cartes de l’installation sont reliés à un logiciel et à une caméra qui divise l’espace en deux parties et permet ainsi à l’œuvre de se transformer au gré des déplacements et de la densité de la population. Ce qui est donné à voir est donc un « organisme vivant », qui représente en temps réel la dynamique des centres urbains. Des connexions se font et se défont au cœur de la structure de l’œuvre, révélant des conurbations, et des zones industrielles à l’abandon, retournées à l’état de villes fantômes.

Cette installation a été présentée dans le cadre de l’exposition Contrainte/Restraint, qui a réuni des artistes venus du Pérou et du Brésil. L’exposition avait pour ambition de trouver des points communs entre les contextes politiques, sociaux et économiques des deux pays à travers les nouvelles technologies.

Nicole nous a expliqué pourquoi elle avait choisi cette région :

Je me suis emparée du delta de la rivière des Perles pour illustrer ce phénomène qui tend à transformer des petites villes de pêcheurs en mégalopoles gigantesques en seulement quelques années. Ces exemples de transformation permanente, dans lesquels l’architecture tient le rôle de signal structurel, constituent le point de départ de Satellite Cities . Je ne prétends pas exposer une vérité universelle ou absolue avec cette installation, mais je crois qu’elle exprime quelque chose de notre époque, sur la façon dont cette expansion folle affecte notre quotidien. Elle insiste également beaucoup sur les dichotomies et ambigüités de la cyberculture, sur la façon dont cette accélération généralisée du rythme de nos existence tend à homogénéiser nos comportements et nos modes de vie, et à produire des identités anonymes au cœur de la société de l’information.

En modélisant cette modernité idéale Satellite Cities révèle les absurdités du capitalisme de la vitesse.

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