Le monde vu par les robots
Les réactions de Isaac Asimov, James Cameron ou Stephen Hawking suite à la vision de cette vidéo de Timo Arnall seraient intéressantes à observer. Ce designer scandinave, réalisateur et chercheur spécialisé dans les technologies émergentes, a compilé des archives récupérées sur internet pour en faire une présentation simple, mais puissante, de la façon dont les machines perçoivent le monde,et des manières dont elles récoltent des données sur les humains et leur environnement.
Intitulée “Robot readable world”, la vidéo émerveillera ou donnera des frissons d’angoisse, selon le point de vue, sur un sujet qui passionne le domaine de la science-fiction depuis le début du 20ème siècle. Elle nous montre différentes vues de caméras de surveillance ou d’images télévisuelles qui sont l’objet de l’attention d’un robot, ou plutôt d’un algorithme, logiciel, ordinateur. Les évènements, objets et personnes qui y apparaissent sont détectés, analysés, comptés, traqués, diagnostiqués d’une manière visible en partie par un observateur humain (cases colorées, informations écrites). La dimension solennelle de la vidéo, dénuée de commentaire, et l’enchaînement d’exemples qui montrent l’omniprésence de la machine a quelque chose de fascinant. Si aucun jugement ne semble porté par l’auteur, il y a en tous cas dans le geste une volonté de souligner une situation.
C’est Big Brother et l’intelligence artificielle qui viennent à l’esprit, comme si la culture populaire nous avait prévenu de quelque chose rentré dans l’inconscient collectif. Bien que la collecte des données se fasse dans un souci pratique (fluidité du trafic, gestion d’établissements etc), on ne peut s’empêcher de penser à une direction toute puissante et invisible qui surveille et gère les flux humains. En tous cas la présence d’informations visuelles destinées en fin de chaîne à un opérateur bien physique dénote une présence humaine qui rassure en partie et nous rappellent qu’à ce jour, malgré leur toute puissance technique, les robots ne sont rien sans nous.




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