La maison Garden & House de Ryue Nishizawa abolit la frontière entre intérieur et extérieur
Engoncée dans un espace de 8 mètres par 4, coincée entre deux immeubles plus imposants et une rue tokyoite, une étrange structure interpelle le regard. Dénuée de façade au sens propre, et même de murs, la maison Garden & House semble déterminée à troubler et à tromper les passants. Le projet de Ryue Nishizawa repose sur une confusion totale entre intérieur et extérieur, qui rappelle la forêt verticale de l’architecte Stefano Boeri, grâce à des grilles de plexiglas, des plantes en pots, des bancs minimalistes des rideaux et des panneaux mobiles.
Cette structure produit un sentiment de perte d’orientation assez agréable, tant l’on ne sait jamais où s’arrête une pièce et où commence un couloir, une chambre ou l’extérieur. Les plans au sol de chaque niveau n’ont pas ou peu d’uniformité et aucun lien autre eux, à part un escalier en colimaçon minimaliste qui relie subtilement les différents espaces de vie le long d’une spirale organique. Les plantes sont abondantes, disséminées dans tous les espaces, et donnent un cachet naturel et organique à la structure.
Au milieu de cette confusion, on perçoit encore une touche de sérénité et de certitude typiquement japonaise, où chaque objet est à sa place. Mais l’on éprouve également la conviction plutôt rassurante que le meilleur moyen de savoir si l’on est à l’intérieur ou à l’extérieur est encore de chercher une brise, un souffle de vent sur sa peau. Cette maison urbaine naturelle est un exercice de style consistant à repousser les limites de la conversion d’espace pour atteindre de nouveaux standards de vie privée et de transparence, de distinction entre « mon espace » et « l’ espace commun », et une nouvelle définition de cette frontière.



Crédit photo : Iwan Baan
[via Today and Tomorrow]




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